Les cendres

Le Marais à Paris a longtemps été le quartier des orfèvres et bijoutiers qui travaillaient l’or et les métaux précieux…

en grande quantité. Une institution dépendant du ministère des finances toujours présente dans le quartier en témoigne encore. Peu connu du grand public ce service est celui de la garantie. Elle est chargée du contrôle officiel du titre des métaux précieux (en gros que l’or c’est bien de l’or).

Ce service garantit et protège l’acheteur, elle contrôle le taux légal d’or ou d’argent contenu dans la pièce : cela a donné l’expression le bon aloi;
le poinçon officiel peut alors être apposé sur l’objet.

Ce service était situé dans le Marais car il concentrait alors un nombre important de fournisseurs, fondeurs et affineurs de métaux dont un de ses plus éminents représentants, le comptoir Lyon-Allemand-Louyot était établi rue de Montmorency

La Société des Cendres késaco?

Pourquoi cette compagnie, parce que les bijoutiers ont décidé au XIXème siècle de s’occuper eux-mêmes de leurs déchets plutôt que de les confier à des tiers.

Quels déchets me direz vous, eh bien tout ce qui tombait lors du travail de ces métaux précieux les éclats, rognures, limailles et autres résidus. Le but du jeu était de récupérer parmi tout ces déchets le bon grain de l’ivraie;

Ils décident alors de créer une société coopérative située elle aussi dans le marais la SOCIETE  DES CENDRES.

Les bijoutiers venaient avec des sacs de poussière ramassée dans leurs ateliers. Le processus consistait à bruler ces déchets ce qui donnait de la cendre, celle-ci était ensuite lavée au mercure ce qui permettait de récupérer de l’or, de l’argent, du platine etc. De la chimie quoi.

Chaque matière précieuse était alors séparée, puis regroupée en lingots.

Les ouvriers travaillant dans cette usine étaient appelés des cendriers.

L’usine chargée de cette tache sera située rue des Francs Bourgeois entre la place des Vosges et Beaubourg.

Cette usine existe encore du moins sa superstructure. Sur la rue un bâtiment classique qui servait de bureaux et derrière une grande verrière et une immense cheminée pour les opérations industrielles avec une sorte de haut fourneau, des meules le tout dans une grande charpente métallique.

Ce magnifique bâtiment est toujours là , avec son bel escalier sa verrière et la cheminée;

 

Qui parmi cette foule de consommateur de 2014 imagine l’atmosphère et les conditions de travail qui ont pu régner dans ce lieu.

La fin de la visite ou du shopping

L’architecte

Alors si un jour vous passez 39 rue des Francs Bourgeois…

Comments are closed.