Les chaises

LA VIEILLE : Ça n’a jamais existé, Paris, mon petit.
LE VIEUX : Cette ville a existé puisqu’elle s’est effondrée.. C’était la ville de lumière puisqu’elle s’est éteinte, éteinte, depuis quatre cent mille ans… Il n’en reste plus rien aujourd’hui, sauf une chanson…
© Eugène Ionesco Les chaises

Dans nos rues elles sont là semblables toujours dissemblables

En groupe ou en solitaire elles se montrent nues

Jours et nuits évanouis de tous nos indispensables

Rêves squelettes témoins usés de vies disparues ;

D’un ailleurs s’immisçant prudemment créant des failles

Prenant possession des espaces mal abandonnés

S’affranchissant des chaînes oubliant un passé mort-né

Obsédantes omniprésentes chaque jour où que j’aille ;

Ritournelle inlassable d’idées s’imprimant en moi

Vestiges enfouis bulles encore fraîches et cependant

Une légèreté angoissante guidait mes émois

Des épreuves oubliées poussière des anciens printemps.

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